Vente entre particuliers qui tourne mal : vos recours
Une vente conclue de particulier à particulier (petites annonces, messagerie) qui dérape : objet jamais envoyé, non conforme, ou vendeur qui disparaît. Un accord prouvé par vos échanges et le paiement engage le vendeur — livraison ou remboursement.
Inexécution d'une vente entre particuliers — art. 5.83 C. civ.
- art. 5.83 ancien Code civil
- art. 8.9 ancien Code civil (preuve)
L'action contractuelle se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis §1 ancien C. civ.).
Ce parcours entre particuliers est prêt et validé, mais son activation dépend d'une décision d'inscription de MonRecours comme recouvreur au SPF Économie (note IUXTA LEGAL, §2.4). Le diagnostic reste disponible dès maintenant.
Un accord conclu par messages est un vrai contrat
Une vente entre particuliers n'a pas besoin d'un contrat papier signé pour exister. Dès que vous vous êtes mis d'accord sur un objet et un prix — même par messagerie, même sur une petite annonce — la vente est formée et engage le vendeur. Il doit vous délivrer ce qui a été convenu ; à défaut, vous pouvez exiger la livraison ou, si elle ne vient pas, la résolution de la vente et le remboursement (art. 5.83 de l'ancien Code civil).
Le fait que le vendeur soit un particulier et non un professionnel ne le déresponsabilise pas. Ce qui change, ce n'est pas la force de l'engagement, mais le cadre : entre particuliers, on ne se fonde pas sur le droit de la consommation, mais sur l'inexécution du contrat de vente. L'obligation de livrer ce qui a été payé, elle, est identique.
Attention toutefois à ne pas confondre difficulté et litige : si l'objet correspond à ce qui était annoncé, un simple regret d'achat ne donne pas droit à remboursement entre particuliers. C'est bien le défaut de livraison, la non-conformité à ce qui était convenu, ou la disparition du vendeur qui ouvrent un recours.
Tout se joue sur la preuve
Entre particuliers, il n'y a ni facture ni conditions générales : votre dossier vaut ce que valent vos preuves. La bonne nouvelle, c'est qu'une transaction en ligne en laisse beaucoup. Trois pièces forment l'ossature d'un dossier solide : la trace de l'accord (l'annonce et vos échanges de messages, où l'objet, l'état et le prix sont discutés), la preuve du paiement (extrait de compte, idéalement un virement avec une communication qui identifie l'achat), et vos relances restées sans réponse ou sans effet.
Le réflexe décisif est de figer ces preuves immédiatement, avant que le vendeur ne supprime l'annonce ou n'efface la conversation. Faites des captures d'écran datées de l'annonce complète, du profil du vendeur et de l'intégralité des messages ; exportez votre historique de messagerie ; conservez l'extrait bancaire du paiement. Un virement avec une communication du type « achat [objet] à [nom] » vaut de l'or, car il relie sans ambiguïté votre argent à la vente.
C'est cet ensemble qui démontre trois choses : que la vente existe, que vous avez payé, et que le vendeur n'a pas tenu son engagement. Rappelons que, pour prouver un acte de cette valeur, l'écrit prime en principe (art. 8.9 de l'ancien Code civil) — mais un faisceau d'éléments électroniques cohérents constitue une preuve sérieuse, surtout quand il émane du vendeur lui-même.
Livraison ou remboursement : ce que vous pouvez exiger
Face à un vendeur qui n'a pas livré, ou qui a livré autre chose que ce qui était convenu, vous avez le choix : réclamer l'exécution (qu'il envoie enfin l'objet conforme) ou, s'il s'y refuse ou reste injoignable, la résolution de la vente avec remboursement de ce que vous avez versé. La marche à suivre commence par une réclamation écrite, suivie au besoin d'une mise en demeure fixant un délai ferme.
Si le vendeur persiste dans le silence, le recours se poursuit devant le juge de paix, compétent pour ce type de créance, par une procédure accessible sans avocat obligatoire. L'action se prescrit par dix ans (art. 2262bis §1), vous disposez donc de temps — mais agir tôt, tant que le vendeur est identifiable et joignable, augmente nettement vos chances de récupérer votre argent.
Le point le plus fragile de ces dossiers n'est pas le droit, il est l'identification du vendeur. Un pseudonyme et un numéro de compte ne suffisent pas toujours à saisir un juge : plus vous disposez d'éléments d'identité réels (nom, adresse, coordonnées), plus votre recours est solide. C'est aussi pour cela qu'il faut conserver tout ce qui, dans vos échanges, permet de remonter à la personne.
Votre plan d'action
- 1
Figez vos preuves sans attendre
Captures d'écran datées de l'annonce et de tous les messages, export de la conversation, extrait bancaire du paiement. Faites-le avant que le vendeur ne supprime l'annonce ou n'efface les échanges — c'est le cœur de votre dossier.
- 2
Réclamez une fois par écrit
Un message clair : demandez la livraison ou le remboursement, avec une date. Gardez la trace de cette relance et de la réponse (ou du silence) du vendeur.
- 3
Lancez le diagnostic gratuit
En 2 minutes, MonRecours qualifie votre droit, mesure la force de vos preuves et vous dit franchement si le dossier tient — notamment si le vendeur est suffisamment identifiable pour agir.
- 4
Mise en demeure, puis juge de paix si besoin
Sans réponse, une mise en demeure fixe un délai ferme. Si elle reste lettre morte, le juge de paix peut être saisi par une procédure accessible, sans avocat obligatoire, votre dossier de preuves à l'appui.
Questions fréquentes
Je n'ai qu'une conversation WhatsApp, pas de contrat signé. Est-ce suffisant ?+
Un accord conclu par messages forme une vraie vente. La conversation, si elle montre l'objet, le prix et l'accord, est une preuve sérieuse, surtout combinée à la preuve de paiement. L'écrit signé n'est pas indispensable ; c'est la cohérence de l'ensemble des éléments qui compte.
Le vendeur a supprimé l'annonce et bloqué mon compte. Ai-je encore un recours ?+
Oui, si vous aviez conservé des captures d'écran de l'annonce et des messages avant la suppression — d'où l'importance de figer les preuves tôt. Sans aucune trace, le dossier devient très difficile à établir : la conservation des éléments est déterminante.
J'ai reçu l'objet, mais il n'est pas conforme à l'annonce.+
Une non-conformité à ce qui était convenu (modèle différent, défaut caché sur un objet annoncé comme fonctionnel) ouvre un recours au titre de l'inexécution de la vente. Comparez précisément l'annonce et l'objet reçu, documentez l'écart par des photos, puis réclamez la mise en conformité ou le remboursement.
Je ne connais que le pseudo et le numéro de compte du vendeur. Est-ce jouable ?+
C'est le point le plus délicat de ces litiges. Pour saisir un juge, il faut pouvoir identifier la personne. Rassemblez tout ce qui peut y aider (nom apparaissant sur le compte, coordonnées échangées). Le diagnostic vous dira honnêtement si votre dossier est suffisamment identifié pour aboutir.
Un doute sur votre dossier ?
Le diagnostic est gratuit et honnête : en 2 minutes, il qualifie votre droit et vous dit franchement si votre dossier tient. Vous ne payez que si vous décidez d'agir.
Diagnostic gratuit · 2 minMonRecours est un service privé, indépendant des autorités. Information générale, non constitutive d'un conseil individualisé.